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 Médecine douce au même titre que médecine conventionnelle

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clairerueil

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MessageSujet: Médecine douce au même titre que médecine conventionnelle   Jeu 22 Fév - 14:22

Impensable en France ! Dès le 1er août 2017, les dépenses en médecine anthroposophique, homéopathie classique, médecine traditionnelle chinoise et phytothérapie pourront être remboursées par le régime d’assurance maladie de base sans plus aucune limitation dans le temps. Et surtout, à cette date, ces disciplines auront, dans le système de santé suisse, exactement le même statut que celui de la médecine conventionnelle.
C’est ce que vient d’énoncer la nouvelle règlementation de « l’obligation de prise en charge des prestations de médecine complémentaire (MC) par l’assurance obligatoire des soins (AOS) ». Lors de sa séance du 16 juin 2017, en effet, le Conseil fédéral helvète a approuvé les nouvelles dispositions d’ordonnances mettant sur pied d’égalité les MC, administrées par des médecins, avec les disciplines conventionnelles.
Cette reconnaissance des quatre MC concerne uniquement les prestations fournies par les médecins ayant un titre de spécialiste et disposant d’une formation postgrade dans l’une de ces disciplines complémentaire.
Durant leur formation universitaire, les futurs médecins, pharmaciens, dentistes, vétérinaires et chiropraticiens doivent maintenant acquérir des « connaissances adéquates » sur les MC.
L’acupuncture, actuellement remboursée par l’AOS sans limite de durée, sera elle aussi mise au même niveau que les quatre nouvelles disciplines reconnues.
Par ailleurs, d’autres médecines douces (médecine ayurvédique…) peuvent faire l’objet de prestations fournies par des thérapeutes non médecins. Elles ne relèvent pas de l’AOS et sont couvertes par des assurances complémentaires privées. Celles-ci ont établi des listes de disciplines qu’elles acceptent de couvrir.
A noter que dans ce domaine, le secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) avait validé très officiellement le 28 mai 2015, le diplôme de « naturopathe ». Une première en Europe ! 
Ainsi, grâce à un système politique ouvert à l’initiative populaire et à leur art du compromis, les Suisses sont parvenus à intégrer cinq médecines complémentaires dans leur système de santé, médecines douces qui sont désormais considérées, du point de vue professionnel, politique et social, au même titre que les disciplines classiques.
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clairerueil

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MessageSujet: Re: Médecine douce au même titre que médecine conventionnelle   Jeu 22 Fév - 14:42

Volonté d'évaluation et d'information
Pour évaluer ces CAM, la Commission européenne, soutenue par la France, a financé le programme CAMBRELLA. Il est mené par 16 universités européennes, et a permis de comparer leur statut et leur usage dans les différents pays membres, mais aussi de mettre en place une feuille de route jusqu'en 2020. Il s'agit d'étudier leur efficacité, de promouvoir leur enseignement, de mieux informer les médecins et les patients "pour tirer le vrai du faux" , souligne le Dr Robert Kempenich, généraliste et anthroposophe, président du Conseil national professionnel médecine anthroposophique. Membre de l'Advisory board (le comité consultatif de CAMBRELLA), il se félicite qu'à travers cette étude, Bruxelles puisse mettre en place un Institut européen d'information sur les CAM.
Une politique de reconnaissance et d'ouverture qui tranche avec l'attitude française de méfiance et de suspicion. "On peut estimer qu'aujourd'hui 4 Français sur 10 ont recours aux médecines dites
alternatives ou complémentaires, dont 60% parmi les malades du cancer. Plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique sont proposées"
 , s'inquiète la Miviludes dans son guide "Santé et dérives sectaires", publié en avril 2012. "Si toutes ces pratiques ne sont pas forcément sectaires, la maladie est devenue
une porte d'entrée rêvée pour les mouvements à caractère sectaire qui profitent
de la souffrance ou de l'inquiétude des malades et de leur famille pour exercer
une emprise à leur égard"
 .

Le patient, un sujet acteur de son traitement
Robert Kempenich est bien conscient de la nécessité de rendre homogène l'approche et la compréhension de toutes ces pratiques, et conteste énergiquement ces suspicions. Pour lui, c'est vraiment tout le contraire. Il insiste sur la volonté des praticiens de reconnaître le patient comme un sujet, acteur de son traitement. Il rappelle que les CAM ne s'opposent pas à la médecine allopathique, mais lui viennent en complément. Toutefois, elles prennent en compte l'environnement et proposent des remèdes tirés de la nature, donc avec très peu d'effets secondaires. Une approche globale qui séduit les Européens, dont la prise de conscience explique cette demande exponentielle. Force est de reconnaître que la médecine conventionnelle est devenue très technique.
C'est bien là tout l'enjeu du programme européen CAMBRELLA, dont l'ambition est d'encourager le rapprochement entre le praticien et l'usager. En Suisse, l'inscription dans la constitution de la prise en compte des CAM a été plébiscitée par 67% des électeurs. En Allemagne, au Royaume-Uni, au Danemark, elles sont intégrées dans la législation et étroitement associées aux enseignements universitaires. Ceci sans parler de leur popularité en Amérique du Nord, en Asie et en Australie notamment.
La France, paradoxalement, reste réticente à ces évolutions, comme si elle s'interdisait d'y participer, pour des raisons idéologiques et culturelles qui restent à définir.
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clairerueil

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MessageSujet: Re: Médecine douce au même titre que médecine conventionnelle   Sam 24 Fév - 10:30

L’Homéopathie est une médecine qui a été créée  au 18° siècle par un médecin allemand : Le Dr Samuel Hahneman.
 
Elle est fondée sur le principe de similitude qu’il a énoncé comme suit : « Toute substance capable expérimentalement de produire chez un sujet sain et sensible une série de symptômes , est également capable de guérir ces mêmes symptômes apparus spontanément chez un sujet malade ».
 
Son livre fondateur : « L’Organon de l’art de guérir » est un recueil extrêmement précis et subtil de ses observations cliniques qui permettent de suivre le cheminement de sa pensée et ce faisant, l’énoncé des principes de base de l’Homéopathie. (Il est toujours édité de nos jours).
 
Cette médecine est très souvent utilisée de nos jours pour guérir en médecine humaine par de nombreux médecins (parmi lesquels certains sont spécialisés dans cette discipline), sur les cinq continents .
 
En médecine vétérinaire nous sommes peu nombreux, pour le moment, à l’utiliser, et en résumé on peut dire que sa pratique est très proche de celle des pédiatres homéopathes en médecine humaine.
 
Quels sont les avantages de la médecine homéopathique ? :
 
Pour en comprendre l’originalité il faut comparer homéopathie et allopathie.
 
L’allopathie est la démarche la plus souvent choisie et  enseignée dans nos écoles vétérinaires, c’est elle que vous connaissez au quotidien dans les cliniques et cabinets vétérinaires où vous travaillez et qui utilisent desmédicaments allopathiques vendus sur place en général (antibiotiques, antalgiques, anti-inflammatoires….).
 
Ces médicaments servent à lutter contre les symptômes rencontrés sur l’animal malade, et c’est pour cette raison qu’ils appartiennent chacun à une classe thérapeutique dont le nom commence par « anti » : par exemple « antibiotique »: pour lutter contre les bactéries et les supprimer, ou encore « antipyretique » pour lutter contre la fièvre et ses manifestations genantes  voire dangereuses parfois…..Le terme « Allopathie » signifie littéralement « aller contre » la maladie. (allo et pathie).
 
Par ailleurs ces médicaments sont prescrits à des doses ponderables c’est à dire mesurables, quantifiables (mg par kg, ou par unité de surface corporelle etc).
 
De surcroît, le propre d’un médicament allopathique est presque toujours d’avoir un (ou des) effet(s) secondaire(s) parfois très toxique(s) , le dictionnaire des médicaments vétérinaires ou le « dictionnaire Vidal » en médecine humaine , sont remplis des recommandations et prudences d’usage de ces médicaments.
 
Enfin la sélection, mise au point et mécanisme d’action de ces médicaments reposent sur une conception de l’être vivant qui considère que  son  fonctionnement est essentiellement régie par les seules lois des sciences dites cartésiennes : la physique, la chimie voire certaines lois mathématiques.
 
Ainsi dans cette démarche médicale, tout ce qui est subjectif  chez l ‘animal à soigner (ou au sein du troupeau) ,n’est pas nécessairement pris en compte pour arriver au diagnostic et traitement de l’affection qui motive la consultation , et par ailleurs on recherche le plus souvent les symptômes classiques  statistiquement décrits et identifiés chez tous les patients atteints de cette maladie pour poser le diagnostic.
 
L’homéopathie est donc fondée comme expliquée plus haut sur « le principe de similitude ».Les médicaments prescrits appartiennent au  règne animal (encre de seiche par exemple), végétal (arnica par exemple),minéral (silicéa par exemple) .
 
Ils sont prescrits à des doses « infinitésimales » ,c’est à dire que l’on ne peut pas comme en allopathie peser la quantité de substance administrée , celle-ci est en homéopathie impondérable ; les médicaments sont préparés à partir d’une teinture mère qui subit des dilutions successives ainsi que des dynamisations (succussions) puis sont présentés sous forme de tubes granules ou bien globules (tubes « doses » ) plus petits, imprégnés de la dite solution diluée et dynamisée ,ou en solution ou encore sous forme de trituration(poudre).
 
Le choix du remède en homéopathie se fait selon le principe de similitude à l’aide desMatières médicales qui sont des livres (qui existent aujourd’hui sous forme informatique) dans lesquels sont  classés par ordre alphabétiques les Pathogénésies de chaque remède(signes ou symptômes  d’appel classés remède par remède, observés et confirmés depuis Hahnemann ) et également à l’aide de répertoires qui classent par ordre alphabétique et par parties du corps les dizaines de  milliers de symptômes d’appel de chaque remède (par exemple :liste des remèdes qui présentent cliniquement « un écoulement jaunâtre bilatéral du nez »).
 
Ces médicaments n’ont aucun effet toxique, et leur fabrication n’utilise pas de produits de synthèse artificielle.
 
Pour choisir le remède en homéopathie on va « aller avec » les symptômes présentés par l’animal à soigner (revoir l’énoncé du  principe de siimilitude), c’est à dire que l’on va considerer ici que les symptômes présentés spontanément par l’animal sont dans la mesure du possible, à respecter , et qu’ils sont comme un tentative désordonnée de l’organisme pour parvenir à restaurer l’équilibre ; c’est en quelque sorte comme si le corps avait une lecture erronée de la réalité et que grâce au remède homéopathique on va pouvoir lui transmettre une information d’ordre énergétique qui va lui permettre de se réorienter vers l’équilibre afin de retrouver la santé.
 
Le mot Homéopathie veut dire littéralement « le même » (homéo) pathos (pathie). Aussi ici ce qui intéressera le plus le vétérinaire seront lessymptômes renvoyant à la subjectivité du patient (par exemple les modalités horaires : l’animal a de la fièvre spécialement le matin ou le soir, après avoir été exposé à un vent froid et sec etc. etc.…) . En homéopathie ce sont les symptômes rares bizarres et curieux de l’animal malade  qui permettront de trouver le bon remède , son remède ( ce sont précisément souvent ceux qui n’auront que peu ou pas de valeur en allopathie).
 
C’est donc  une médecine qui privilégie  l’individu , fondée sur une démarche empirique et sur l’expérience des remèdes qui sont les mêmes depuis plus de deux siècles, bien connus dans leur particularités et toujours approfondis par l’apport des nouvelles observations consignées dans les matières médicales et les répertoires et apportées dans nos congrès d’homéopathes à la connaissance générale.
 
Dans cette médecine toutes les interactions de l’individu avec son milieu sont placées au premier rang d’importance, et cette médecine est une médecine du terrain de l’individu, qui fait qu’il a toujours les mêmes sortes de pathologies chroniques ou toujours au même moment de l’année ou lors d’un rappel de deuil….
 
Les avantages de l’homéopathie sont donc de pouvoir traiter  la cause profonde de pathologies chroniques récidivantes et ainsi de les guérir sans aucun effet toxique de surcroît alors que l’allopathie dans ces pathologies,consiste souvent en la répétition de prescriptions de médicaments appartenant aux  mêmes classes thérapeutiques ,de plus en plus toxiques ou nouveaux( et encore peu connus quant à leurs effets secondaires) sans jamais parvenir réellement à obtenir une guérison.
 
De plus la médecine homéopathique offre la chance de s’intéresser à l’individu dans tout ce qu’il a d’unique et de prendre en compte tous les éléments de son environnement (matériel et affectif).
 
Bien entendu il ne s’agit pas d’opposer de façon duelle allopathie et homéopathie même si cet exposé les catégorise un peu radicalement à des fins de clarté.
 
En effet, comme l’allopathie et d’ailleurs comme n’importe quelle médecine, l’homéopathie ne peut pas tout guérir et de surcroît il arrive aussi que l’on associe les deux dans l’intérêt du patient ( et parfois de son environnement !).
 
Il y a aussi beaucoup de  cas où l’allopathie peut à elle seule guérir des animaux : dans la mesure où la cause d’une maladie est connue et que l’on possède une molécule allopathique (dénuée si possible d’effets secondaires trop toxiques) c’est une erreur de ne pas la prescrire ;Par exemple si un chien qui s’est fait piqué par une tique développe une piroplasmose , le vétérinaire peut guérir l’animal car il peut administrer une molécule qui va aller dans le corps du chien tuer (« aller contre ») les piroplasmes (êtres unicellulaires que la tique infectée a inoculé  lors de la piqure).
 
Autrement dit il ne s’agit pas d’opposer une forme de médecine à une autre mais de saisir les limites de chacune d’elles pour mieux les utiliser ou les associer si nécessaire.
 
Par contre dans de nombreux cas cliniques où la cause de la maladie au sens allopathique du terme  est inconnue  (maladie de terrain propre à tel individu), la démarche allopathique seule n’a souvent  pas d’effet de guérison .
 
En effet elle permet alors  « d’aller contre » les symptômes gênants ce qui est parfois déjà beaucoup mais il ne s’agit pas d’une guérison ;L’homéopathie peut alors lui être adjointe ou la remplacer dans l’intérêt de l’animal.
Enfin il y a aussi des cas ou le stade lésionnel de la maladie est déjà tellement  avancé au moment de la consultation particulièrement en médecine vétérinaire (tumeur importante, insuffisance rénale très avancée etc ) que l’ homéopathie ne pourra plus agir seule, l’association alors avec l’allopathie et la phytothérapie voire d’autres médecines encore (ostéopathie par exemple) donnera de biens meilleurs résultats.Enfin nombreux sont les cas où seule la chirurgie peut guérir ou améliorer dans un premier temps.
 
En conclusion il serait dommage de ne posséder qu’une corde à son arc thérapeutique alors que l’homéopathie peut guérir (ou contribuer à la guérison) de nombreuses maladies légères ou très  graves,  aussi bien aigues que chroniques.
Il est certain que de mon point de vue, cette médecine est vraiment précieuse en vétérinaire car  elle permet d’envisager très différemment ce que nous appelons la guérison , les interactions d’un être avec le monde dans lequel il vit et leurs  traductions cliniques.
Le premier point en consultation vétérinaire (où les propriétaires ont parfois attendu très longtemps avant de consulter ce qui implique alors régulièrement l’existence de lésions organiques parfois avancées) est de cadrer la pathologie en cause. Il est essentiel de pouvoir d’abord répondre à la question :cette pathologie relève t-elle de la chirurgie ? de l’homéopathie ? ou bien doit-on y adjoindre aussi une médication allopathique ?.
Il est évident qu’une fracture qui demande une ostéosynthèse ne pourra pas être prise en charge par l’homéopathie seule ; par contre une fois la chirurgie réalisée on peut grâce à différents remèdes homéopathiques : soulager la douleur de l’animal et également accélérer la formation du cal osseux lorsque celle-ci est longue à démarrer. Il en va de même pour tout traumatisme plus ou moins grave qui aurait entraîné une effraction dans l’organisme nécessitant une reconstruction pariétale chirurgicale (voire une reconstruction chirurgicale de l’organe atteint lui-même le cas échéant). Là aussi une prescription homéopathique adaptée en basses dilutions pourra après la chirurgie aider à une meilleure et plus rapide récupération dans bien des cas.
Il arrive même parfois qu’en cas d’échec de la chirurgie une prescription homéopathique judicieusement choisie permette la résolution du cas et l’orientation vers la guérison : C’est par exemple le cas de ce chien Épagneul Breton opéré d’une fracture comminutive du Radius par la pose d’une plaque, et qui après 5 semaines a présenté une nécrose cutanée importante en regard de cette plaque ainsi qu’un foyer d’ostéomyélite sous l’implant. Différents traitements antibiotiques (dont l’efficacité avait été testée au préalable sur prélèvement et antibiogramme) se sont révélés inefficaces pendant un peu plus de 4 semaines, le foyer d’ostéomyélite s’étant même étendu. Avant d’envisager le retrait de la plaque et la mise en place de fixateurs externes pour tenter d’arriver à une consolidation osseuse suffisante, un traitement homéopathique à été prescrit pour la première fois en complément d’une antibiothérapie déjà essayée au préalable (SynuloxND).
Le remède prescrit était : PYROGENIUM en basse dilution, à raison de 5 granules par jour. Au bout de 2 semaines,de traitement après une suppuration très importante de la plaie cutanée (effet attendu par la prescription de Pyrogenium comme indiqué dans la matière médicale), un tissu de granulation a enfin commencé à apparaître sur la plaie cutanée et les Radiographies ont montré pour la première fois un début de régression de l’ostéomyélite.
En un mois supplémentaire de traitement la plaie s’est refermée, l’ostéomyélite a ensuite disparu définitivement évitant ainsi une nouvelle opération compliquée au pronostic incertain.
PYROGENIUM est un remède classique de suppuration qui n’arrive pas à guérir, il nous avait été également cité par un chirurgien osseux exerçant en CHU qui l’avait utilisé avec succès dans un cas similaire chez un de ses patients humains.
En dehors de ces cas où la chirurgie est inévitable, la question est donc souvent de savoir si le vétérinaire homéopathe doit ou non prescrire aussi un remède allopathique pour traiter.
Pour répondre à cette question il nous faut revenir à la définition des termes employés ici.
Le mot allopathie signifie littéralement : « Aller contre (allo) la maladie (pathos) » ; c’est la loi des contraires : Anti-biotiques, Anti-pyrétiques, Anti-inflammatoires etc…
Le mot homéopathie signifie littéralement : « Aller avec (homéo) la maladie(pathos) » ; c’est la loi de similitude énoncée par Samuel Hahnemann dont nous avons déjà parlé dans notre précédent article.
Dès lors la réponse à notre question est simple : si la cause de la maladie est connue et que l’on dispose d’une molécule en allopathie qui ne met pas en danger la vie de l’animal il faut la prescrire.
Par exemple un animal présente une piroplasmose :la cause est connue, le parasite sanguin identifié et on dispose d’une molécule très efficace pour détruire le protozoaire infectant (Carbésia ND par exemple) il faut la prescrire . (Cela n’empêche pas le vétérinaire qui le désire d’associer à cette médication un traitement de drainage hépato-rénal type BERBERIS/SAPONARIA etc…qui contribuera à la guérison de l’animal).
Enfin si la cause (au sens allopathique) n’est pas identifiée,alors l’homéopathie peut être la solution thérapeutique employée soit en association avec certains médicaments allopathiques (antibiotiques, antiparasitaires par exemple/Mais en aucun cas avec des corticoïdes),soit de façon exclusive dans la mesure où une recherche du remède similimum aura été bien conduite.
En effet dans ces cas ,les plus fréquents en fin de compte, qui nous posent le plus de problèmes au quotidien ,nous savons bien que c’est le terrain de l’animal qui est en jeu. Autrement dit, ce qui est alors en cause c’est finalement la réactivité particulière de tel animal qui lui fait sortir toujours les mêmes symptômes voire le même type de symptômes que l’on arrive pas à éradiquer,un peu comme si cet organisme avait régulièrement besoin de cette tentative de régulation qu’il met en place.
Ce sont par exemple les pathologies bronchiques chroniques du type asthme félin ou bronchite chronique,ou encore les dermatoses chroniques récidivantes rebelles à tous les traitements allopathiques d’habitude si efficaces etc… et pour lesquels l’homéopathie apporte des résultats souvent remarquables (et durables), ou encore les troubles du comportement dans lesquels l’homéopathie apporte le plus souvent des résultats remarquables et durables si le remède choisi est bien le similimum de l’animal.
Prenons un cas clinique concret simple du point de vue homéopathique :
Titus, Épagneul breton de 6 ans m’a été référé pour une dermatose très prurigineuse chronique récidivante (examens paracliniques normaux) depuis 2 ans et demi rebelle à tous les traitements normalement efficaces (Frontline toutes les 3 semaines, corticoïdes à répétition, tests allergiques et désensibilisation suivie pendant 1 an sans amélioration durable, régime alimentaire d’éviction, etc…).
Le chien se gratte sur le dos, sur l’abdomen, la face latérale des membres postérieurs et antérieurs. La peau est squameuse, rouge, d’aspect cartonné avec une forte odeur séborrhéïque.
Titus a beaucoup grossi depuis un an (probablement en partie à cause des nombreux traitements corticoïdes prescrits) et ses propriétaires se plaignent de son manque d’entrain depuis 6 mois.
Cette description n’a hélas rien d’exceptionnel, c’est souvent en effet que nous sommes confrontés à ce genre de pathologies chroniques décourageantes autant pour le clinicien que pour les maîtres.
La recherche des signes cliniques utiles du point de vue homéopathique me fait valoriser les symptômes suivants :

  • C’est toujours après les vaccinations qu’ont lieu les rechutes de la dermatose de Titus

  • Titus a toujours été un animal sédentaire qui est nourri ,entre autres,avec les restes des repas familiaux(en particulier Titus mange souvent des aliments sucrés)

  • Titus est un chien nerveux (ce qui est plutôt rare pour un Épagneul Breton) qui alterne nervosité et calme dans une « alternance d’humeur »

  • Il recherche le grand air et la place fraîche en général « en particulier quand il a sa crise de dermatose »

  • Titus alterne assez souvent comme le disent ses maîtres : « une crise d’eczéma avec une diarrhée forte et soudaine »

  • Il est souvent fatigué,et manque d’entrain

  • Quand il a sa crise d’eczéma les shampoings l’aggravent toujours et sa peau est brûlante

  • Enfin Titus est « le roi à la maison »


Tous ces signes sont d’un point de vue homéopathique, particulièrement caractéristiques d’une famille réactive (une « diathèse ») que l’on appelle la Psore, dans laquelle on rencontre cliniquement des individus avec un terrain allergique, soumis à des grandes crises d’élimination périodiques( du point de vue homéopathique on entend par ce terme : les diarrhées, les crises d’asthme,les dermatoses etc) sur fond d’hygiène de vie très mauvaise.
Le chef de file de ce type de terrain est le remède Sulfur dont quasiment tous les signes cliniques d’appels sont ici spontanément présentés par Titus !!
Comme expliqué dans notre précédent article, la loi de similitude nous guide à prescrire Sulfur 7CH une dose ,puis Sulfur 9CH une autre dose le deuxième soir. (Il est important avec ce remède de prescrire en basses dilutions pour commencer car sa réactivité est grande et on peut avec des hautes dilutions données d’emblée, avoir des aggravations spectaculaires et difficiles à récupérer par la suite.
Ici pour Titus le résultat a été à la hauteur de la similitude des signes cliniques qu’il présentait : arrêt des démangeaisons en quelques jours,assèchement des plaies et d’après ses maîtres retour d’un certain dynamisme qu’ils ne leur avaient plus vu depuis longtemps ».
Ces bons résultats n’ont toutefois duré que 2 semaines pour s’estomper progressivement ; ceci est fréquent en homéopathie et il est alors important si la similitude est grande avec le remède, de le represcrire dans une dilution plus haute (en faisant tout de même attention avec Sulfur pour les raisons précédemment évoquées) afin de savoir si le remède prescrit était bien pour le patient le remède de fond qui doit amener la guérison,ou un simple remède d’amélioration passagère à na pas retenir dans ce cas.
J’ai donc donné simplement une dose de Sulfur en 15CH un soir au coucher ; à nouveau l’amélioration a été nette en quelques jours pour cette fois ci se maintenir 5 à 6 mois. Par la suite sur une année j’ai prescrit encore deux fois Sulfur pour des crises de dermatose qui commençaient à être moins importante que par le passé, et pour ses maîtres
« Titus est redevenu leur chien et il est bien dans sa peau aujourd’hui » !
Quelques points sont à souligner ici :

  • Sulfur est souvent un remède trop prescrit car trompeur : en fait, ses signes cliniques d’appel sont apparemment tellement fréquents et il est le remède qui présente le plus de signes cliniques de toute la matière médicale (on appelle ce genre de remède un Polychrestre). C’est pourquoi dans une répertorisation vite (et mal) menée avec un ordinateur on tombera souvent sur ce remède et quelques autres Polychrestres, le risque étant alors grand de prescrire toujours les mêmes remèdes alors que la matière médicale en comporte des centaines !

  • Pour le cas de Titus les signes comportementaux de Sulfur étaient présents spontanément (en particulier la grande nervosité avec alternance de calme soudain / agitation anxieuse) de façon rare, bizarre, curieuse pour un Epagneul, et les signes comportementaux en homéopathie sont parmi ceux qui ont la plus grande valeur diagnostique pour le choix du remède. En effet, si Titus avait par exemple été un Berger Allemand ,bien dominant ,mal hiérarchisé, tous ces signes comportementaux n’auraient plus rien eu de rare bizarre et curieux(donc plus aucune valeur homéopathique pour le choix du remède) et ainsi le remède Sulfur n’aurait rien donné.


En conclusion, ce n’est qu’avec une médecine de terrain centrée sur l’individu et ses particularités réactionnelles comme l’homéopathie, que l’on peut espérer toucher au noyau énergétique central de l’être que l’on a à soigner,afin de le rééquilibrer et de pouvoir ainsi lui donner la possibilité d’avoir une autre lecture des événements auxquels il est soumis pour leur apporter une réponse plus adaptée à ce qu’il a à vivre ; en particulier en ce qui concerne la répétition des mêmes pathologies dénommées « psychosomatiques » chez l’homme. (Á ce sujet on rappellera ici que la peau est le reflet de ce qu’il y a de plus intime chez un être, et son origine embryologique chez les mammifères est la même que celle des cellules nerveuses…).
C’est le même enjeu qui est donné avec l’homéopathie chez l’homme, en particulier en pédiatrie où la pratique de l’homéopathie est tout à fait semblable à celle rencontrée en médecine vétérinaire et donne des résultats souvent exceptionnels (à ce sujet les ouvrages de Pédiatrie homéopathique sont spécialement adaptés à la pratique de l’homéopathie vétérinaire).
Source :Auteur : Stéphane LITTNER
Docteur Vétérinaire diplômé de l’École Nationale Vétérinaire Maisons Alfort (1985)
DESS de Psychologie Clinique de l’Université PARIS VII
Ancien responsable de l’enseignement de l’homéopathie de l’École Nationale Vétérinaire Maisons Alfort
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